LE MANIFESTE DU CITOYEN CONGOLAIS : Un élan patriotique à soutenir ?

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Du 15 au 17 août 2017 se sont tenues à Paris trois journées de réflexion sur la crise politique que traverse la République Démocratique du Congo, une crise aux conséquences imprévisibles, aggravée par l’instabilité politique et la non organisation des élections conformément à la Constitution.

Initiée par l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique[1] (IDGPA), cette rencontre a permis à des membres de la société civile congolaise de discuter, loin des contraintes politiques et sécuritaires de Kinshasa, en toute sérénité, de la nécessité impérative du retour à l’ordre constitutionnel.

A l’issue de ces assises auxquelles ont pris part des représentants des mouvements citoyens (LUCHA[2], FILIMBI[3], LES CONGOLAIS DEBOUT[4]), des journalistes, des juristes et des défenseurs des droits de l’homme, tous membres de la société civile congolaise, un manifeste[5] a été rédigé et signé par les participants. Depuis la signature, le Manifeste du Citoyen Congolais[6] est diffusé largement avec un appel d’adhésion.

Cela suscite un engouement pour les uns mais également une certaine frilosité pour les autres. Dans le camp des « frileux », curieusement, nombreux sont ceux qui pourtant voudraient voir la démocratie triompher en RDC et qui constatent que les actions initiées à ce jour n’ont eu qu’un impact relatif. Quant à la Majorité présidentielle, inutile d’évoquer certaines déclarations qui considèrent naturellement ce manifeste comme un document subversif.

Pourquoi cette initiative à priori citoyenne et fédératrice suscite tant de réactions divergentes ? Est-ce le Manifeste en soi qui pose problème ou ses initiateurs ? A l’heure où tout le monde s’accorde pour créer un front commun permettant le retour à l’ordre constitutionnel, pourquoi cette méfiance ? Voilà quelques questions qui ont guidé ma réflexion que je vous partage ci-après.

Qu’est-ce qu’un manifeste ?

Pour faire simple dans le cas qui nous concerne, un manifeste est un écrit public qui rend compte d’un point de vue sur un problème politique[7]. C’est une proclamation destinée à attirer l’attention du public, à l’alerter sur quelque chose[8].

Partant de cette définition, nous pouvons d’ores et déjà constater que le manifeste ESILI[9] comporte bel et bien les caractéristiques minimales requises pour être appelé manifeste : il a été rendu public, il présente un point de vue et veut attirer l’attention des congolais sur la situation politique et sociale de la RDC.

Le Manifeste du Citoyen Congolais n’est donc pas un document secret et encore moins un document fomentant un complot !

Du contenu du « Manifeste du Citoyen Congolais »

Le Manifeste du Citoyen Congolais, paru le 18/08/2017 à Paris, interpelle les citoyens congolais sur toutes les situations inacceptables et injustes longtemps tolérées ou acceptées alors qu’ils sont en droit de les dénoncer et de les refuser au nom de la dignité humaine, conformément à la constitution congolaise et au nom des principes universels des Droits de l’Homme.

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Voici en dix points les situations inacceptables selon le Manifeste :

  1. la faillite généralisée de l’Etat et la grave détérioration des conditions de vie de notre peuple ;
  2. la mauvaise gouvernance par un groupe d’individus qui a volontairement refusé d’organiser les élections dans les délais constitutionnels ;
  3. la signature de l’Accord politique du 31/12/2016 en lieu et place de l’organisation des élections ;
  4. le non-respect dudit Accord par le Président sortant et la Majorité Présidentielle défiant par conséquent le peuple congolais ;
  5. l’incapacité avouée de la Commission Electorale d’organiser les élections en 2016 et 2017 ;
  6. la multiplication de zones d’insécurité pour justifier la non organisation des élections prévues par la Constitution et par l’Accord du 31/12/2017 ;
  7. l’usage de la terreur et de la répression systématique contre le peuple congolais qui revendique ses droits ;
  8. les enlèvements, les massacres, les meurtres et assassinats souvent ciblés ;
  9. la restriction de l’accès aux médias et aux réseaux sociaux ;
  10. la corruption généralisée et le développement des réseaux clientélistes.

 Que propose le Manifeste du Citoyen Congolais ?

Partant de ce constat où illégitimité, terreur et injustice s’entremêlent jusqu’à provoquer et à entretenir une misère sociale que notre peuple ne peut plus endurer, le Manifeste propose un retour urgent à l’ordre constitutionnel comme voie de sortie de crise. A cet effet, le Manifeste propose :

  1. La mise à l’échec, par des moyens pacifiques et non violents, de la tentative de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir.
  2. Le départ de Joseph KABILA au 31 décembre 2017 et l’organisation d’une transition citoyenne avec pour mission principale d’organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres.
  3. L’impérieuse nécessité de remettre les intérêts du congolais au centre de tout projet politique.
  4. La libération des prisonniers politiques et d’opinion.

A qui s’adresse le Manifeste du Citoyen Congolais ?

Ce manifeste se veut être l’expression des frustrations et des aspirations du peuple congolais. Ainsi, il invite les différents groupes de la société congolaise à y adhérer massivement. Il cite, de manière non exhaustive, les « confessions religieuses, les étudiants, les jeunes, les femmes, les mouvements citoyens, les syndicalistes, les médecins, les enseignants, les professeurs, les fonctionnaires, les artistes, les partis politiques ainsi que les congolais de la diaspora …, nos compatriotes de la police, de l’armée et des services de sécurité ».Capture d_écran 2017-09-02 à 21.17.44

Ainsi, le manifeste invite les citoyens congolais à participer de manière active aux actions pacifiques et non violentes qui doivent mener au retour à l’ordre constitutionnel en République Démocratique du Congo.


QUELLES SONT LES DIFFERENTES REACTIONS A CE MANIFESTE ?

Pour un certain nombre de congolais, ce manifeste porté par la société civile et les mouvements citoyens tombe à point nommé. Il suscite un engouement et un enthousiasme. En effet, dans un contexte de crise de confiance profonde dans la classe politique, ce document fédérateur permet de transcender les divergences afin de concentrer toutes les énergies militantes autour de l’essentiel : le retour urgent à l’ordre constitutionnel. Par ailleurs, l’absence de personnalité politique charismatique laisse peu à peu le champ libre à de nouveaux acteurs de la société civile politiquement « vierges ou ayant les mains propres» comme alternative. C’est le cas notamment de Monsieur Sindika Dokolo dont l’engagement pour la démocratie en RDC redonne espoir à ceux qui refusent de se résigner. Beaucoup voient déjà en lui un candidat potentiel à la présidence de la RDC et place en sa personne des attentes qui dépassent le cadre du Manifeste.

A côté des enthousiastes, il y a ceux qui se méfient de l’apparition de ce Manifeste. En effet, beaucoup doutent de la sincérité de certains acteurs de la société civile, initiateurs de ce manifeste et s’interrogent sur sa capacité de réellement mobiliser la population et d’atteindre son objectif par des moyens pacifiques. Ces interrogations portent également sur les forces de l’ombre qui seraient derrière ce projet  ainsi que sur ses sources de financement.

Enfin, il y a les « indifférents », ces congolais las et résignés. Ceux-là, ne croient plus en une relève possible après avoir été tant déçus par le passé.

EST-CE LE MANIFESTE EN SOI QUI DÉRANGE OU SES INITIATEURS ?

Au vu de ce qui a été dit précédemment, il apparaît finalement que ce n’est pas tant le contenu du manifeste qui dérange car la détresse sociale et la crise multiforme que traverse la RDC sont des réalités palpables aux conséquences tragiques pour les populations. De même, l’impératif du retour à l’ordre constitutionnel après une période de transition sans Joseph Kabila, en évitant la violence, est une nécessité sur laquelle la majorité des congolais semble s’accorder. Enfin, l’appel du Manifeste est un appel lancé aux congolais par des congolais pour sauver le Congo !

Le problème ne serait donc pas à chercher dans l’esprit fédérateur du Manifeste. Il faudrait regarder ailleurs, certainement dans la personnalité de ses initiateurs, dans le doute sur la capacité du Manifeste à atteindre les objectifs assignés (le départ de Joseph Kabila et le retour à l’ordre constitutionnel par des moyens pacifiques) et enfin, dans une moindre mesure, dans le flou autour des sources de financement de ce projet de transition.

Rappelons que le peuple congolais a vecu depuis plusieurs décennies un double traumatisme dont il continue encore aujourd’hui à en subir gravement les conséquences. Le premier traumatisme est consécutif aux multiples trahisons des hommes politiques et des acteurs de la société civile qui ont souvent rendus inapplicables, partiellement ou totalement, des accords signés dans l’intérêt supérieur de la nation et des citoyens congolais. Très souvent, ces signataires ont eux-même foulé aux pieds les textes dont ils ont été les initiateurs. La récurrence de ces trahisons ont fini par ôter tout espoir à certains de nos compatriotes. Le second traumatisme est lié à la guerre dite de « libération », menée par le Rwanda et l’Ouganda en 1996, sous couvert de l’AFDL de Laurent Désiré Kabila, un homme « providentiel ». En effet, plus de vingt ans après, ce sont toutes les institutions du pays ainsi que les forces de sécurité qui ont été infiltrées. L’exploitation des matières premières du Congo par les pays voisins et par les multinationales occidentales et chinoises est effective, illégale et rien ne profite réellement aux congolais. L’impunité a été érigée en règle au nom d’une certaine paix, rendant intouchables des bourreaux et privant de justice les victimes : des millions d’enfants, de femmes et d’hommes. Depuis lors, les congolais s’interrogent sur les différents acteurs nationaux comme internationaux qui proposent des solutions pour sortir la RD Congo de son enlisement.

C’est donc sur un terrain sensible que ce manifeste tombe et que l’un des porteurs de celui-ci, Monsieur Sindika Dokolo, attire l’attention. Pourquoi lui et pas les autres signataires ?

Capture d_écran 2017-09-02 à 20.44.04Monsieur Dokolo n’est pas n’importe quel citoyen congolais. Il est le gendre du dictateur angolais Edouardo Dos Santos et donc époux de sa fille Isabelle, la richissime héritière du père. En tant que congolais et ayant des intérêts au Congo, il est tout à fait légitime qu’il s’engage en faveur d’une amélioration de la situation sociale et politique en RDC. De même, il est tout aussi légitime que les congolais s’interrogent sur cet engagement très fervent pour la RDC alors que la situation en Angola n’est guerre plus reluisante, tant sur le plan des libertés, de la démocratie, de la corruption ou de la situation socio économique. Pour rappel, malgré son budget annuel de 48 milliards de dollars en 2016, très loin devant les 8 à 9 milliards de la RDC, l’Angola reste classée 147è sur 182 sur l’IDH, peu avant la RDC classée elle 175è sur 186[10].


CONCLUSIONS

Le Manifeste du Citoyen Congolais me paraît être un document dont l’esprit incarne la détresse du peuple congolais mais surtout son aspiration profonde au retour à l’ordre constitutionnel pour ne pas dire à une situation tout simplement normale. Notre peuple a soif de liberté, de dignité, de bonheur. Il souhaite simplement vivre.

A l’instar de notre hymne nationale, le Manifeste du Citoyen Congolais nous appelle, nous peuple[11] congolais, filles et fils de ce pays, à nous mettre debout par des moyens d’action pacifiques et non violents pour reprendre en main notre destinée confisquée par un groupe d’individus.

Soutenir ce document ne nous empêche pour autant pas à rester vigilants à l’égard de ses initiateurs. Bien au contraire, c’est notre devoir citoyen.

Ce Manifeste ne peut atteindre ses objectifs que si l’adhésion y est massive. Pour ce faire, la société civile, les mouvements des jeunes et la CENCO qui y ont déjà adhéré, ont la responsabilité d’expliquer aux populations congolaises l’objectif visé et ce, dans les 4 langues nationales afin de solliciter leur adhésion en toute connaissance de cause sans oublier les milieux urbains et ruraux dans l’arrière-pays. Y adhérer c’est se l’approprier !

Pour être crédibles, les initiateurs du Manifeste devraient dès à présent publier les profils des personnes susceptibles de conduire cette transition à partir du 01 janvier 2018, fixer les priorités du gouvernement de transition et la manière dont elle sera conduite avec un chronogramme clair.

Je ne peux que formuler le vœu de voir les évêques de la CENCO soutenir davantage cette démarche qui s’inscrit à la suite de leur appel au peuple congolais. Le Manifeste devrait être lu et expliqué dans les églises.

J’ose espérer que les acteurs politiques de la Majorité comme de l’opposition acceptent l’idée de laisser à la société civile le soin de conduire une transition limitée à la durée nécessaire pour organiser des élections libres, démocratiques et transparentes.

Le Dr Denis Mukwege ne disait-il pas : « Nous pouvons changer notre histoire. Nous pouvons changer la perception que le monde a de nous. Nous pouvons surprendre ceux qui ont déjà parié sur notre disparition en tant que peuple. Nous pouvons désorienter le pronostic. La seule chose qu’il nous faut, c’est croire en nous-même et choisir de bons alliés dans la refondation de notre état. »

Alors osons croire en nous, osons nous lever, osons le changement !

 

Dr Didier KAMIDI OFIT

 

Texte intégral du Manifeste du Citoyen Congolais ici ! 

Pour soutenir le Manifeste du Citoyen Congolais ici !


[1] L’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique (IDGPA) est une institution indépendante de recherche sur la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique avec un regard particulier sur les pays de l’Afrique centrale et de l’Afrique australe.
Il constitue un cadre qui permet aux intellectuels et aux chercheurs africains de réfléchir sur la promotion et la consolidation de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et du développement en Afrique.

[2] La LUCHA (Lutte pour le changement) est un mouvement citoyen de jeunes congolais qui militent pour un Congo uni, paisible, démocratique, prospère et véritablement indépendant

[3] FILIMBI (« sifflet » en swahili) est un mouvement citoyen dont l’objectif principal d’accroître la participation citoyenne des jeunes congolais et d’encourager le dialogue ces derniers et les acteurs sociaux et politiques pour améliorer leurs vies.

[4] Mouvement citoyen créé par Sindika Dokolo dont l’objectif vise à conscientiser la population pour le respect de la constitution par une lutte pacifique.

[5] https://fr.scribd.com/document/356620979/Manifeste-du-citoyen-congolais

[6] Ce manifeste est appelé « Manifeste du Citoyen Congolais » ou « Manifeste Esili ».

[7] Larousse

[8] Larousse

[9] Esili est un mot lingala qui veut dire « c’est fini ! »

[10] https://fr.actualitix.com/pays/wld/indice-de-developpement-humain.php

[11] Il a été très subtil de préférer le mot « peuple » au mot « population » car avec le mot « peuple » ce manifeste défend à raison l’idée que les maux de notre société touchent indistinctement tous les congolais quelle que soit l’appartenance ethnique ou la province dans laquelle ils vivent.

 

Texte intégral du Manifeste du citoyen Congolais – Manifeste ESILI

à la UneTexte intégral du Manifeste du citoyen Congolais – Manifeste ESILI

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NOUS, citoyens Congolais, représentants des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et personnalités indépendantes épris de paix :

  • Réunis du 15 au 17 août 2017 à Paris, France, et faisant suite à la déclaration « Le Pays va très mal. Debout, Congolais ! Décembre 2017 approche », du 23 juin 2017, de nos Evêques, qui nous interpelle au sursaut patriotique ;
  • Constatant la faillite généralisée de l’Etat et la grave détérioration des conditions de vie de notre peuple, résultant de la mauvaise gouvernance d’un groupe d’individus, ayant volontairement refusé d’organiser les élections ;
  • Rappelant que sous l’égide de la CENCO, et afin d’éviter de plonger le pays dans un chaos certain, les forces politiques et sociales ont conclu, le 31 décembre 2016, un Accord politique Global et Inclusif ;
  • Dès lors que le peuple exigeait l’alternance dans les délais constitutionnels, et malgré son refus de tout autre arrangement contraire à son droit légitime, l’Accord du 31 décembre 2016 a été toléré pour autant qu’un nouveau Président soit élu avant le 31 décembre 2017 ;
  • En dépit du prolongement de mandat issu de l’arrangement politique, le Président sortant a foulé aux pieds cet Accord, défié le peuple congolais et renié le serment fait devant Dieu et la Nation de respecter la Constitution ;
  • La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), instrumentalisée à son service, a surpris le peuple en affirmant publiquement son incapacité d’organiser les élections en 2017 contrairement à l’Accord et au cadre constitutionnel ;
  • Ainsi, sont créées des zones d’insécurité et suscitées des tragédies meurtrières à travers le pays, notamment dans les provinces des Kivu, du Kongo central, des Kasaï, Ituri et Ville-province de Kinshasa dans le but de décréter indûment l’état d’urgence et retarder l’organisation des élections prévues par la Constitution ;
  • Sous le régime en place, la terreur est devenue un mode de gouvernance qui empêche le peuple congolais de revendiquer ses droits ; les cours et tribunaux sont soumis et instrumentalisés ; les exécutions extra-judiciaires se multiplient ; les fosses communes se remplissent à travers le pays ; l’accès aux médias et aux réseaux sociaux est restreint ; et la nouvelle économie numérique est mise en danger ;
  • Il s’en suit une répression systématique et violente de toute expression des libertés et droits fondamentaux à l’encontre des activistes des droits humains, des journalistes, des membres des mouvements citoyens, et des membres des partis politiques de l’opposition ;
  • Il en résulte que monsieur Joseph Kabila s’impose à la tête de l’Etat par la violence des armes et la corruption financière dans le but d’asseoir durablement son régime de prédation, de paupérisation et de pillage des ressources du pays à son bénéfice personnel, celui de sa famille, de ses courtisans et de ses alliés étrangers tant en Afrique qu’à travers le monde.

 

En conséquence, NOUS, citoyens Congolais :

Nous fondant sur le quatrième paragraphe du préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) qui dispose que : « Il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

  1. Déclarons que le Président Joseph Kabila, dont le dernier mandat constitutionnel a expiré le 19 décembre 2016, exerce le pouvoir en violation manifeste de la Constitution de la République Démocratique du Congo, et est passible de l’infraction de haute trahison conformément à son article 165 alinéa premier ;
  2. Appelons le peuple congolais à user de son devoir sacré de faire échec, avec des moyens pacifiques et non-violents, à la tentative du Président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017 en application de l’article 64 de la Constitution ;
  3. Exigeons le départ de Monsieur Joseph KABILA KABANGE et une transition citoyenne dont les animateurs seront désignés à la suite d’une concertation nationale ayant mission principale d’organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres et qui n’en seront pas candidats ;
  4. Cette transition sera propice à doter la RD Congo, notre pays, d’un nouveau système de gouvernance, basé sur une justice indépendante, des services de sécurité protégeant les citoyens, assurant l’exercice effectif des libertés constitutionnelles, garantissant une gestion transparente et équitable de toutes les ressources nationales, des institutions fortes et démocratiques mettant les intérêts des citoyens Congolais au centre de tout projet politique ;
  5. Exigeons la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques et d’opinion ainsi que la réouverture des médias fermées ;
  6. Interpellons nos compatriotes de la police, de l’armée et des services de sécurité à respecter leurs missions républicaines de protection des citoyens et de la nation, au lieu de servir d’instrument de répression ;
  7. Appelons tous les Congolais, confessions religieuses, étudiants, jeunes, femmes, mouvements citoyens, syndicalistes, médecins, enseignants, professeurs, fonctionnaires, artistes, partis politiques ainsi que les congolais de la diaspora à adhérer massivement au présent Manifeste ;
  8. Engageons toute Congolaise, tout Congolais à prendre part active à la grande campagne d’actions pacifiques et non violentes devant mener au retour de l’ordre démocratique constitutionnel ;
  9. Appelons la Communauté Internationale à accompagner le peuple congolais dans sa quête légitime de la liberté et de la démocratie.

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Débout Congolais, Levons-Nous et Marchons, Esili !

Fait à Paris, le 18 août 2017

Pour adhérer ou pour en savoir plus, cliquez ici ! 

– CRISE POLITIQUE EN RDC – Résistance et mobilisation populaire, moyens à privilégier pour faire échec à une nouvelle dictature.

– CRISE POLITIQUE EN RDC –                       Résistance et mobilisation populaire, moyens à privilégier pour faire échec à une nouvelle dictature.

« Lorsque les enjeux sont fondamentaux, qu’ils affectent des principes religieux, des libertés humaines ou le développement futur de toute la société, les négociations ne peuvent pas trouver une solution acceptable. Sur des questions fondamentales, il n’y a pas de compromis possible. Seul un changement radical des relations de pouvoir en faveur des démocrates peut assurer la sauvegarde des enjeux fondamentaux. Un tel changement s’obtiendra par la lutte et non pas par des négociations. Cela ne signifie pas que la négociation ne doive jamais être utilisée mais plutôt qu’elle n’est pas un moyen réaliste pour renverser une puissante dictature quand une forte opposition démocratique fait défaut.

C’est la résistance et non pas la négociation qui compte dans les conflits dont les enjeux sont fondamentaux. Dans presque tous les cas, la résistance doit continuer pour chasser les dictateurs du pouvoir. Le succès est le plus souvent déterminé non pas par un accord, mais par l’usage des moyens de résistance les plus appropriés et les plus puissants disponibles.»  

 Gene SHARP, De la dictature à la démocratie


Depuis le 20 décembre 2016, Joseph Kabila a épuisé le nombre de mandats présidentiels auquel lui donnait droit la Constitution de la République Démocratique du Congo. La ruse a pour l’instant permis à sa famille politique de retarder au  maximum le processus électoral.

Parmi les moyens utilisés, le piège des négociations a à nouveau fonctionné. Et pourtant, l’histoire politique de ce pays a démontré que dans la plupart des cas, les négociations n’ont jamais réussi à rompre la récurrence des crises de légitimité et d’instabilité mais au contraire l’entretiennent.

Face au camp présidentiel, l’opposition politique semble péniblement tenir le cap de ses révendications et des promesses faites à la population, notamment celle de l’alternance dès le 20 décembre 2016. Qui plus est, au fil des jours, des semaines et des mois qui s’écoulent, l’opposition a fait de nombreuses concessions inacceptables aux yeux d’une population qui aspire dans sa grande majorité au respect de sa Constitution.

Ce qui est en jeu derrière cette crise, au-delà  du rejet de tout le système Kabila, c’est fondamentalement la question du renforcement de la démocratie en RDC et de celle d’une gouvernance responsable soucieuse de l’amélioration des conditions de vie des populations.

Dans les lignes qui suivent, j’aimerais d’une part montrer combien les évêques catholiques et l’opposition congolaise sont responsables, avec la Majorité Présidentielle, de cette nouvelle crise politique qui se prolonge en République Démocratique du Congo. D’autre part, au regard du peu de crédit qu’offre encore toute la classe politique congolaise et de l’exaspération du peuple, j’ai la conviction que la résistance et la mobilisation populaire sont les moyens à privilégier pour parvenir à l’effondrement rapide de cette nouvelle dictature et au retour à l’ordre constitutionnel. 


CONSERVER LE POUVOIR : L’ASSURANCE (SUR)-VIE DU  REGIME KABILA

La famille politique de Joseph Kabila –la Majorité Présidentielle– est un patchwork de partis politiques ayant fait allégeance à Joseph Kabila. Une allégeance obtenue en contrepartie de faveurs mercantiles, de protection judiciaire, de nominations à des postes de pouvoir, etc. Autrement dit, la Majorité Présidentiel ressemble à un club de citoyens devenus riches, puissants et intouchables au milieu d’une population pauvre.

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Le rapport qu’elle entretient avec l’exercice du pouvoir est très constant : le conserver. Et pour y parvenir, plusieurs voies sont utilisées simultanément :

  1. Avoir le contrôle de toutes les institutions du pays (Parlement, justice, police, …)
  2. Entretenir la misère du peuple pour que les questions de survie soit une préoccupation permanente qui occulte le développement d’un esprit critique.
  3. Désinformer systématiquement la population pour éviter une prise de conscience.
  4.  Alimenter un sentiment de peur, d’impuissance et de résignation dans le peuple.
  5. Affaiblir et décrédibiliser l’opposition aux yeux de la population.
  6. Etouffer tout mouvement de jeunes appelant à un changement de système.
  7. Rendre effective l’impossibilité d’organiser les élections.
  8. Sortir du cadre constitutionnel pour limiter les contraintes des lois.
  9. Provoquer ou entretenir des conflits armés aux frontières ou à l’intérieur du pays pour détourner l’attention de l’opinion nationale.
  10. Présenter Joseph Kabila comme LE garant de la paix et le rempart contre le chaos.

Tout concourt ainsi à affaiblir toute résistance à l’intérieur du pays, capable de provoquer la chute d’un régime agonisant devenu autocratique et méprisé. Là où la résistance est faible, la dictature prospère dit-on.


JEU TROUBLE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU CONGO : DE LA TRAHISON ET A L’IMPASSE.

Présente sur toute l’étendue du territoire national de la RDC, l’église catholique est une institution puissante, respectée et très active dans l’éducation, les soins de santé et l’assistance aux plus vulnérables. Près de 60 % de la population congolaise est de confession catholique.

Capture d_écran 2017-03-27 à 17.21.21En fin d’année 2016, l’implication des évêques catholiques dans la crise politique a rendu possible un accord qui a permis à Joseph Kabila de se maintenir en place en échange d’un partage du pouvoir avec l’Opposition, de la libération des prisonniers politiques, de la réouverture des médias de l’opposition et surtout de promesse d’organiser l’élection présidentielle en décembre 2017. Aux yeux de certains observateurs, cet accord aurait évité un embrasement du pays vers une situation incontrôlable. Cependant, ce même accord a étouffé la mobilisation de la rue en faveur du respect de la Constitution. Trois mois après sa signature, il n’y a eu aucune mise en oeuvre sérieuse des engagements pris par le pouvoir :  l’impasse est totale !

Connaissant la sournoiserie de la Majorité Présidentielle, la démarche de ces évêques qui avaient souhaité, quel qu’en soit le prix, un accord pose problème. En effet, malgré les milliers de vies humaines perdues pour combattre la dictature de Mobutu et malgré la mort des jeunes martyrs de la démocratie en janvier 2015 ou en septembre 2016, adopter une position trop conciliante à l’égard de ceux qui sont volontairement responsables de la crise qui prolonge la souffrance de notre peuple s’apparente à mes yeux à une trahison de ces évêques.

Trahison de l’esprit de la Constitution de 2006 parce qu’en acceptant que Joseph Kabila se maintienne au pouvoir au-delà de son mandat, l’accord parrainé par les évêques a craché sur la volonté de notre Constitution de rompre avec la récurrence des crises de légitimité et d’ouvrir la voie à l’alternance de l’exercice du pouvoir.

Trahison de l’aspiration du peuple à l’amélioration de ses conditions de vie et à une gouvernance responsable. Car en effet, en permettant à un groupe de citoyens de se placer au-dessus de la Constitution, au mépris de l’intérêt supérieur de notre nation, les « bons offices » des évêques ont tout simplement débouché sur un accord qui assassine le principe d’égalité de tous les congolais devant la Loi. Par conséquence, la souveraineté du peuple se retrouve aujourd’hui prisonnière d’un groupe d’individus au pouvoir.

Trahison de la mémoire de tous les martyrs de la démocratie fauchés parce qu’ils réclamaient le multipartisme, la démocratie, le respect de la Constitution ou encore parce qu’ils exerçaient leur liberté d’expression et d’opinion. L’irresponsabilité de ceux qui ont usé de la violence contre le peuple n’a pas été sanctionnée. Pire encore, c’est en toute impunité qu’ils conservent aujourd’hui les rênes du pouvoir. Que dire à l’orphelin, à la veuve  ou à toutes ces familles qui ont perdu un être cher ?

Aussi, interrogeons-nous sur cette paix que les évêques ont voulu à tout prix sauvegarder. Qu’est-ce donc la paix ? Se réduit-elle à une absence de guerre ou de crépitements de balles ? Si c’est cela, la RDC est globalement en paix.

Cependant, lorsque l’immense majorité de la population porte les chaines de la faim, de la misère, de l’injustice, de la peur permanente, peut-on encore parler de paix ? Ne s’agit-il plutôt d’une illusion de paix étant donné les répressions, l’absence de progrès social et l’injustice qui sont autant d’atteintes à l’intégrité des congolais ?

Pour avoir parrainé un accord qui ne repose ni sur le respect de la Constitution ni sur les valeurs de justice et d’égalité, les évêques catholiques se sont compromis. Ils ont capitulé face à ceux qui oppriment notre peuple : ils ont trahi le peuple congolais.


L’OPPOSITION CONGOLAISE  EGALEMENT RESPONSABLE DU CHAOS ACTUEL

Lutter contre une dictature est une entreprise longue et difficile. Les pièges tendus par le pouvoir sont nombreux et visent la dissolution de toute résistance. C’est la raison pour laquelle la résistance à la dictature doit être constante et permanente. C’est elle qui doit dicter la ligne de conduite de l’opposition. Dans le même ordre d’idées, « conciliation », « compromis » et « négociation » apparaissent comme autant de pièges utilisés par une dictature en face d’une opposition faible.

Depuis qu’elle a accepté de s’asseoir à la table des négociations, l’opposition congolaise a deçu et continue de decevoir de nombreux jeunes. La symbolique du carton rouge incarnait la rupture entre ces derniers et un système de gouvernance miné par l’incompétence, le clientélisme et les abus en tout genre.

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Le peuple congolais a pourtant fait part à l’opposition des lignes rouges à ne pas franchir  :

  1. Le respect de la Constitution est non négociable.
  2. Le respect de la durée et du nombre de mandat présidentiel est non négociable.
  3. La tenue des élections dans les délais constitutionnels est non négociable.

En signant, le 31 décembre 2016, un accord qui concédait toutes ces exigences légitimes, l’opposition s’est discréditée et a, comme les évêques catholiques, affaibli la pression populaire qui grandissait. Pour ne pas avoir eu le courage de rester ferme, son choix du compromis politique a rajouté du chaos au chaos. Elle qui avait appelé à manifester pour le respect de la Constitution quelques mois plus tôt, elle qui avait promis de ne pas reconnaître Kabila au-delà du 19 décembre 2016, elle s’est couchée sous la pression de la communauté internationale et du pouvoir de Kinshasa.

Comme le disait G. Sharp à propos des dictateurs, «Quoiqu’ils promettent, il ne faut pas oublier qu’ils sont capables de promettre n’importe quoi afin de soumettre leurs opposants démocrates, pour ensuite violer effrontément tous leurs engagements. »[1]


 

A QUAND LE SURSAUT PATRIOTIQUE DES OFFICIERS CONGOLAIS ?

« Y a-t-il encore des hommes dans ce pays ? », tel fut le cri d’une mère face à la persistance des violences dont sont victimes les populations congolaises, surtout celles de l’Est du pays.

Beaucoup de vérités ont déjà été dites sur l’armée congolaise : armée en déliquescence, armée infiltrée à différents niveaux de sa hiérarchie, armée fortement ethnicisée, … N’y revenons pas.

Cependant, bien que l’armée soit une institution apolitique, les officiers congolais ont prêté le serment de protéger les citoyens congolais, de sauvegarder les intérêts de la nation et de la protéger contre toute menace intérieure ou extérieure. La menace pour les citoyens congolais est aujourd’hui aussi à l’intérieur du pays : Arrestations arbitraires, intimidations, exécutions sommaires, détournements des biens publics et des salaires des militaires, etc. Alors, jusqu’à quand les officiers congolais resteront-ils impassibles à la détresse de nos mères et de nos enfants ?  Le courage et l’audace sont-ils devenus de mots vide de sens ?

Il ne s’agit nullement ici de faire l’apologie d’un quelconque coup d’Etat qui installerait de facto une nouvelle dictature. Il est question ici d’un appel à la responsabilité de protéger nos concitoyens et à la conscience patriotique de nos policiers, de nos militaires et de nos officiers. Ces officiers qui ont peur doivent oser défendre la justice, la liberté et les droits des citoyens congolais. Ils doivent soutenir les aspirations démocratiques de la jeunesse car le processus est irréversible. Le temps des dictatures est révolu, tournons la page.


CONCLUSIONS

Les victoires de Kabila.

Grâce aux négociations de « sortie de crise » –expression assez cinique vu le contexte– entamées depuis plusieurs mois, Joseph Kabila semble pour l’instant contenir  la contestation populaire. La stratégie adoptée a été payante :

  • Une Opposition congolaise globalement divisée
  • Un « Rassemblement » des forces acquises au changement affaibli
  • Une population qui ne croit plus à l’intégrité de sa classe politique
  • Des mouvements de jeunes  se méfiant désormais de l’opposition

Ainsi, la résistance interne effondrée, la dictature de Kinshasa peut à nouveau profiter d’un temps de répis pour affiner ses stratégies de maintien en place.

Arrêter les négociations.

Comme vu précédement, la faiblesse et l’inconstance de l’opposition actuelle font de la négociation un moyen inefficace et inadéquat pour un dénouement réel de cette nouvelle crise politique. Tant que le régime ne sera pas réellement mis sous pression, entendons par là qu’il se sente menacé par l’imminence de son effondrement, les négociations ne seront que leurre. Il faut donc le plus rapidement possible arrêter les négociations et remobiliser toutes les dynamiques internes de résistance citoyenne.

Miser sur la résistance interne et sur la mobilisation populaire.

La sensibilisation et la remobilisation de la population doivent être une priorité pour les partis d’opposition, la société civile et les mouvements des jeunes. Il faut à nouveau créer une pression populaire très forte, obligeant à un retour immédiat à l’ordre constitutionnel et à l’effondrement de cette jeune dictature. Cette mobilisation doit passer par les villages, les villes, les églises –la Cenco doit y jouer un rôle- les universités, les militants des partis politiques, les actions des mouvements des jeunes tels que LUCHA et FILIMBI. Ce point est capital car il permettra d’augmenter la résistance à l’intérieure du pays et la défiance nécessaire au changement vers plus de démocratie.

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Repenser nos rapports avec la Communauté internationale.

L’opposition congolaise, la société civile et les mouvements des jeunes doivent sérieusement modérer leurs attentes vis-à-vis de l’Europe ou des Etats-Unis. Plus important encore, ils doivent en permanence garder à l’esprit que le nationalisme africain fait peur et sera toujours combattu au nom des intérêts de l’Occident.  Musibono Eyul’anki pour sa part parle d’une « stratégie criminelle de la télégouvernance qui plonge tout un Etat dans une misère et une pauvreté absolues chroniques par la pseudo-démocratie imposée à partir de l’extérieur. Une mascarade qui consiste à propulser au sommet de l’Etat des dirigeants fabriqués par des racistes affairistes maffieux qui n’ont pour seul intérêt que l’accès rapide et facile aux richesses du pays. Des dirigeants sans vision claire ni projet de société autour desquels on crée des mythes où tout est fait pour montrer qu’ils travaillent bien  alors qu’ils sont incapables d’établir clairement aucun bilan à la fin de chaque exercice budgétaire[2] ».

Par ailleurs, dans un monde devenu multipolaire avec la montée en puissance de la  Russie et de la Chine, les  dictatures africaines ont compris que l’Europe et les Etats-Unis ne sont plus les seuls maîtres du jeu. Ils peuvent se permettre, dans une certaine mesure, de jouer au bras de fer avec l’un ou l’autre partenaire.

Enfin, à force d’appliquer systématiquement une politique de deux poids deux mesures guidée par ses intérêts à l’égard des pays africains, la communauté internationale s’est compromise et ne me semble plus être un interlocuteur sur qui reposer les espoirs des changements où l’Afrique profitera d’abord aux africains, politiquement et économiquement.

Comme le dit si bien G. Sharp : « La libération des dictatures dépend finalement de la capacité des peuples à se libérer eux-mêmes[3]. »

Les congolais n’ont donc pas d’autres choix que de résister, de se mobiliser et de défier cette nouvelle dictature pour espérer un retour rapide à l’ordre constitutionnel nécessaire à une vraie démocratie : le pouvoir du peuple, par le peule et pour le peuple !

Dr Didier KAMIDI OFIT


[1] Gene Sharp, De la dictature à la démocratie, p.36

[2] Jean Jacques Wondo, Les armées au Congo-Kinshasa : radioscopie de la force publique aux FARDC, p.42

[3] Gene Sharp, De la dictature à la démocratie, p.30